Ce qui m'a séduit dans la photo c'est ce rapport au sujet. Cette liaison invisible quasi électrique qui vous lie. Le pouvoir de la lumière sur l'émotion. Ces rapport que l'on peu avoir avec la nature, la pierre, l'humain ou l'animal. Cette recherche de beauté, cette recherche de sens.
D'abord on tourne autour du sujet, on cherche la lumière, on tâtonne, on tente parfois, on sent que ça vient, on bouge un peu, on règle, on vise et l'on sent que l'image est là. L'adrénaline vous envahi et tout votre être est comme dédoublé, comme un autre, transporté via l'émotion de l'image, alors on retente, on re-vise et on recommence comme atteint de folie. C'est comme cela que j'ai commencé la photo, dans la folie de l'improvisation, ne pas savoir ce que je voulais mais m'en approcher à chaque seconde un peu plus par dichotomie.
Et puis...
Et puis on observe, d'abord les autres, leurs travaux, leur manière de faire. On essaye de prendre le recul et de regarder son propre travail avec la même objectivité, travail herculéen d'abord, remettre en cause son ego, puis avec beaucoup d'abnégation on fini par se détester, tout voir, tous les défauts, toutes les faiblesses. La magie se perd parfois, mais seulement pour mieux renaître, savoir se remettre en question, savoir reculer pour mieux sauter, jeter tout son "déjà fait" pour mieux entreprendre son "reste à faire".
D'abord des petits trucs que l'on a appris, puis des recettes plus complexes, on fini par parfaire sa technique, son regard, sa démarche. La spontanéité n'est plus aussi puissante mais c'est là le sacrifice à faire pour toucher d'avantage l'autre.
Parfois l'on est tenté d'aller plus loin, on est tenté de réaliser les images rêvées comme des muses imaginaires. Alors on garde ses rêves en soit, on les apprivoise, on les dessines, on les écrit, on les met à plats, on les travaille comme un modeleur travaille sa terre glaise. Peut être la poésie n'est plus là, qu'importe, on ne capture plus pour soit mais pour les autres... Nos rêves ils sont en nous, on les rêves toutes les nuits, tous les jours, mais pour les partager avec les autres une seule solution, les mettre en scène, les mettre en image.
On réalise parfois ses rêves en photo, beaucoup de travail nécessaire, des croquis, de la direction, de la rigueur, de l'aide extérieur parfois, beaucoup de recherche et puis voilà... ça y est, la mise en image est là, clic clac c'est dans la boite.
Sans doute pas très spontané, sans doute pas très naturel, mais une part de soit. Plutôt que de "voler" l'autre, plutôt que de "voler" l'image du sujet, pour une fois c'est "moi", c'est ce que j'ai en moi que j'ai réussi à ressortir, à donner.
Introspection sur la mise en scène photographique
jeudi31mars2005
1 avril 2005 16h28 | Répondre
Si ça, ce n'est pas de la passion :-) Que les muses continuent à t'inspirer... Amitiés, Serge.
4 avril 2005 0h52 | Répondre
peut etre que schopenhauer se trompait... la musique n'est pas le seul langage universel... Tu as beaucoup de chance d'arriver a exteriosier ce ke tu ressens, mais egalement , merci de continuer malgré toutes les fois ou tu n'arrives pas a faire ressortir la melodie ki te trottes ds la tete lancinante et persistante, et d'arriver a l'exactitude...